1 Octobre 2015

Seul sur Mars

Si de nouvelles preuves de la présence d'eau sur mars complètent régulièrement notre connaissance de la planète rouge, des romans comme Seul sur Mars, relayés par le film qui sortira en octobre, permettent également d’en palper la réalité.

10 pommes de terre pour quatre ans

Atterrir et vivre sur Mars est un rêve partagé par une multitude d’aventuriers, prêts à se lancer dans l’espace sans espoir de retour. Sans espoir de retour ? Pas si sûr... En tout cas, c’est bel et bien l’espoir d’un retour qui anime Mark Watney, laissé pour mort sur la planète rouge après une mission qui a tourné au vinaigre. Alors que ses compagnons sont repartis vers la Terre, le croyant mort, l’astronaute ne vit plus que dans un seul objectif : organiser sa survie pour tenir 4 ans, avant que la prochaine mission prévue ne vienne le sortir de ce guêpier.

Tour à tour botaniste, chimiste, physicien, le robinson martien mobilise toutes ses connaissances. Mais il a beau faire, compter et recompter ses pommes de terre, ses vivres seront insuffisants pour tenir 4 ans. Alors sur Terre, la NASA, mais aussi la CNSA (l'agence spatiale chinoise), tous bouleversent leurs programmes pour lancer au plus vite une mission de sauvetage. La presse, l’opinion publique, s’emparent de cette aventure extraordinaire qui tient l’Amérique en haleine. Et le lecteur aussi...

Ponctué d’échecs et de réussites techniques, le roman confronte le lecteur avec la réalité martienne. Quant à la vérité scientifique, on se doute que l’auteur s’en approche, autant que faire se peut. Ce Mac Gyver martien, Mark Watney, s’inscrit dans la mythologie américaine et illustre pleinement le slogan obamien : "Yes, we can". Il suffisait d’y penser.



En librairie

  • Auteur : Andy Weir
  • Genre : thriller
  • Editeur : Editions Bragelonne (17 septembre 2014), Traduit de l’anglais (Etats-Unis).
  • Prix éditeur : 20€ TTC.

Qu’en disent les scientifiques ?

"Si j’étais exposé [aux radiations solaires], j’aurais tellement le cancer, que mon cancer lui-même aurait le cancer." Cette réflexion de Mark Watney touche une question fondamentale pour la réalisation de missions martiennes. Nous avons interrogé Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du Système solaire au CNES, pour savoir dans quelle mesure le film collait à la réalité : 

"On ne sait pas se protéger du rayonnement galactique actuellement, confie Francis Rocard. Autre invraisemblance : dès la 1ere page, c’est cette tempête de vents qui emporte tout sur son passage. La pression est si basse sur Mars que si une telle tempête survenait, l’homme s’en apercevrait à peine, donc pas de problème pour Mark Watney. De même, je doute qu’en appuyant sur un bouton, Mars Pathfinder, la sonde tombée en panne sur Mars en 1997, puisse repartir au quart de tour. Bref, pas mal d' indélicatesses sont prises avec la technique mais il y a aussi des phénomènes plutôt bien vus. Par exemple, tout ce qui relève des rendez-vous orbitaux est mieux traité que dans Mission to Mars. La question de la vitesse relative nécessaire pour repartir en survolant la Terre est vraisemblable, de même que le rendez-vous entre le vaisseau et le MAV qui transporte Mark Watney est assez bien vu."

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