24 Octobre 2019

[Quézako?] Y’a un Pilot dans la forêt canadienne

L’instrument d’astronomie PILOT a fini son 3e vol sous ballon stratosphérique dans la forêt québécoise. C’était prévu. Mais quelle logistique pour le récupérer ensuite !
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Crédits : ASC-CSA/Go Hélico/G. Vachon, 2019.

C’était son 3e et dernier vol. Le 24/09/2019, l’instrument PILOT a décollé de la base de Timmins appartenant à l’Agence spatiale canadienne (vidéo ici). Après 3h de montée sous un énorme ballon stratosphérique ouvert, il a atteint le plafond visé : 39 km d’altitude. Son télescope a alors collecté pendant plus de 23h, de nouvelles mesures de l'émission polarisée des poussières interstellaires en infrarouge lointain. Le tout sans être perturbé par l’atmosphère terrestre et en ciblant les zones bien précises de la galaxie grâce au système de pointage stellaire Estadius du CNES.

Alors qu’approchaient le fleuve Saint-Laurent et des zones plus densément peuplées, le CNES a mis fin au vol de PILOT en le séparant de son ballon porteur de 800 000 m3. En descente sous un parachute, l'instrument s’est posé en douceur dans les feuillus canadiens, à 900 km de son lieu de départ (à vol d'oiseau), au Nord-Est de la ville de Québec. Dans un décor automnal typique du Canada !

L’atterrissage a été parfait.

PILOT est tombé sur des arbustes en évitant les grands sapins. Protégé par la nacelle, le télescope de l’IRAP n’a pas souffert de l’atterrissage » indique Stéphane Louvel, chef de mission au CNES des vols sous ballons stratosphériques ouverts.

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PILOT et son parachute rouge et blanc. Crédits : ASC-CSA/Go Hélico/G. Vachon, 2019.


Pilot, tout au bout de la chaîne de vol, accroché à un ballon stratosphérique ouvert de 120 m de diamètre dans lequel on pourrait loger la cathédrale Notre-Dame de Paris (future flèche comprise). Crédits : https://twitter.com/thecatz33

 une sacrée logistique pour récupérer le pilot 

« Les conditions de récupération n’ont pas été faciles. Les équipes au sol (5 récupérateurs canadiens et 3 scientifiques de l’IRAP) ont dû marché 8 km à pied dont les 2 derniers km presque à 4 pattes tellement la forêt était dense » raconte Stéphane Louvel. Une fois sur place, les scientifiques ont  mis en sécurité le circuit cryogénique du télescope. Puis un hélicoptère a emporté la nacelle (1 063 kg au total) jusqu'à un camion-plateau en attente au plus près du site d'atterrissage. Retour ensuite à la base de Timmins : 1 200 km par la route.


Stéphane Louvel, chef de mission au CNES des vols sous ballons strastosphériques ouverts. Crédits : CNES/E. Grimault, 2015.

APRÈS PILOT, CO-PILOT !

PILOT, c'est fini. Mais de nouveaux vols attendent l’instrument d’astronomie dans le cadre d’un nouveau projet : CO-PILOT. Décollage du télescope reconfiguré sur des gammes de fréquences d'observation différentes en 2022 ! 

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