16 Juin 2022

[Quézako ?] Ce robot-voiturier double la capacité des parkings

Le robot-voiturier autonome de Stradot est capable de surélever une voiture, puis d’enjamber les véhicules déjà présents sur le parking. Il stationne chaque voiture au cm près grâce au GNSS, optimisant ainsi l’espace occupé.

Le robot-voiturier a une forme de portique qui lui permet de saisir, surélever la voiture, et d'enjamber les autres voitures sur le parking. Crédits : Stradot.

Une véritable partie de Tetris

Non, ce portique n’est pas une porte d’entrée vers un monde parallèle ! Regardez bien de plus près : il est équipé de roues et de pinces… Cet objet est un robot-voiturier. Imaginez-vous au volant de votre voiture : pour la confier au robot-voiturier, rien de plus simple, il suffit de la garer dans une cabine prévue à cet effet. Le robot la récupère grâce à ses pinces qui saisissent les 4 pneus. L’originalité de ce robot développé par la société toulousaine Stradot et soutenu par le CNES ? La voiture est surélevée, permettant à l'engin d’enjamber la flotte de véhicules déjà garés. Il se lance ensuite dans une partie de Tetris. Le but : trouver la meilleure place pour votre véhicule, même si elle se situe au beau milieu des autres voitures ! « Il est capable de stationner les véhicules de moins de 2 m de haut et pesant jusqu’à 3t, précise José Iriarte, le dirigeant de Stradot. Cela correspond à environ 95 % des véhicules sur le marché. » À votre retour, le robot s’empresse de récupérer votre voiture et de la déposer dans la cabine. Votre véhicule y est disponible en moins d’une min.

Le robot-voiturier n’a rien d’un gadget. Il permet 2 avancées : gagner de la place et gérer des flux de véhicules importants. « Il existe en France 40 millions de voitures en circulation, et plus de 200 millions de places de parking ! précise José Iriarte. La surface dédiée au stationnement d’un véhicule est importante : notre robot permet de doubler la capacité des parkings, limitant ainsi l’artificialisation des sols. » Le robot-voiturier pourrait, par exemple, être déployé dans les parc-relais (là où les flux et le nombre de véhicules sont élevés) facilitant ainsi l’accès aux transports en communs.

José Iriarte, dirigeant de Stradot, l'entreprise à l'origine du robot-voiturier. Crédits : Stradot.

OPtimiser l'espace au cm près

Pour garer les véhicules en toute autonomie, le robot-voiturier est truffé de capteurs. Chaque patte est équipée de caméras et d’un lidar, lui permettant de percevoir son environnement en 3D. « Grâce à sa forme de portique, le robot enjambe la voiture puis scanne le véhicule », détaille José Iriarte. Cette information permet au robot-voiturier de saisir la voiture avec ses pinces, mais également de la stationner à un emplacement parfaitement adapté à son encombrement

Autre capteur embarqué :  2 antennes de réception GNSS. Grâce au positionnement relatif (appelé RTK), elles permettent de suivre le robot au cm près

Ce type de système GNSS est classique, mais l’application est vraiment innovante.

Marc Jeannot, expert navigation au CNES.

Les antennes GNSS reçoivent les signaux des différentes constellations de satellites, dont le système européen Galileo. « L’utilisation des signaux des satellites Galileo, en plus des autres constellations existantes, permet d’obtenir de bien meilleurs résultats dans les canyons urbains par exemple », souligne Marc Jeannot. L’ensemble des données collectées par le robot est soigneusement consigné et traité par la tour de contrôle. « Elle donne les consignes au robot, lui indiquant notamment les coordonnées géographiques pour chaque stationnement, complète José Iriarte. L’espace est ainsi optimisé pour y stocker le maximum de voitures. »

Le robot-voiturier, ce n’est pas de la science-fiction ! Vous pourriez bien croiser son chemin très bientôt... 2 prototypes seront déployés au sein d’une société de logistique automobile cette année, et un projet d’extension de centre commercial démarrant en 2023 prévoit d’intégrer le robot-voiturier. « Nous allons également réaliser un essai avec du public à Labège (31) au sein d’une station d’autopartage », confie José Iriarte. Prêts à lui confier vos clés ?

Marc Jeannot, expert navigation au CNES. Crédits : CNES/DE PRADA Thierry, 2022.

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En matière de navigation par satellite, la France sait être performante, innovante et résolument européenne : bonne lecture ! Crédits : CNES.

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