4 Avril 2019

[Quézako?] Un nanosatellite pour Argos

Dans cette pièce rouge, le nanosatellite ANGELS a obtenu le feu vert pour recevoir les signaux des balises Argos. Lancement à l'automne 2019 par une fusée Soyouz.

Crédits : CNES/G. Le Bras 2018.

Ce n’est pas une salle de torture mais une « chambre sourde », appelée aussi chambre anéchoïque. En novembre 2018, le modèle de test du nanosatellite ANGELS a passé toute une série d'examens dans cette pièce couvertes de cônes rouges et noirs. Ces structures absorbent les ondes électromagnétiques et évitent leur réflexion sur les murs. Grâce à elles, ANGELS a été contrôlé comme s’il était dans l’espace, sans aucun retour d’ondes parasites ! C’est crucial pour un satellite dont la mission est de recevoir les signaux de très faible puissance émis par les balises Argos portées par des animaux, bateaux, bouées marines… 500 km plus bas !

« Ces tests nous ont permis de valider la bonne réception des messages en situation quasi-réelle. ANGELS embarque le 1er modèle miniaturisé de l’instrument Argos, Argos-Néo. Argos-Néo est 10 fois plus petit que la génération d’instrument Argos actuellement en orbite. Il était essentiel de s’assurer qu’il ne serait pas perturbé par l’activité des émetteurs et récepteurs bord, mais aussi par les ondes électromagnétiques émises par les autres équipements du satellite, surtout que toutes ces composantes sont très fortement intégrées dans le cas d’un nanosatellite »  explique Thibéry Cussac, chef de projet ANGELS au CNES.

Place maintenant au modèle de vol !

Le « vrai » nanosatellite ANGELS sera assemblé et testé entre avril et août 2019 pour un lancement prévu à l’automne 2019 depuis Kourou. Ce sera le 1er lancement d’un nanosatellite de fabrication industrielle française. Jusqu’à présent, les nanosatellites dont les cubesats, étaient, en effet, développés en France par des étudiants d’universités et d'écoles d’ingénieurs. La miniaturisation des composants électroniques et la diversité des missions auxquelles ces nanosatellites peuvent répondre a permis d’imaginer le développement d’une filière commerciale. 

Antenne Argos protégée par un radôme circulaire. Cette antenne émettrice « redescend » les données envoyées par les balises Argos vers les stations terrestres. Crédits : CNES/G. Le Bras 2018.

Une antenne peut en cacher une autre

Dans le cadre du projet Argos-Néo, le CNES a développé une antenne bi-fréquence au design très compact. Appelée A2U, cette antenne innovante intègre à la fois :

  • l'antenne réceptrice des signaux envoyés par les balises Argos en bande UHF (Ultra Haute Fréquence) (400MHz) 
  • l'antenne émettrice des données Argos en bande L (1,7 GhZ).
Crédits : CNES/G. Le Bras 2019.
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