6 Mai 2022

[Quézako ?] Satellite MicroCarb, assemblage de l'instrument : check !

Que voyez-vous sur cette image ? Le pied d’un atterrisseur lunaire ? Un support d’antenne parabolique ? Eh bien non ! En réalité, il s’agit d’un morceau de notre satellite « climatique » MicroCarb récemment assemblé à Toulouse.

Bipode du baffle de protection thermique du spectromètre du satellite MicroCrab. Crédits : CNES/Airbus DS/LANCELOT Frédéric, 2022.

Un travail d’orfèvre

Dénicher le CO2 atmosphérique depuis l’espace : on en rêvait, le CNES l’a fait ! C’est justement la mission de notre satellite climatique MicroCarb dont l’instrument vient d’être assemblé, dans les salles blanches d’Airbus DS, à Toulouse. « Ce qu’on aperçoit sur l’image ci-dessus, c’est l’un des 2 pieds de fixation du baffle thermique (couleur bronze) du satellite : l’un des 2 bipodes très exactement. » explique Philippe Landiech, chef de projet MicroCarb, au CNES. En effet, l’instrument de MicroCarb, un gros appareil embarqué composé d’un spectromètre infrarouge et d’un télescope, est très sensible. La température de son détecteur sera régulée en permanence, dans l’espace, par un radiateur cryogénique lui-même protégé du rayonnement solaire et terrestre par ce baffle.

Baffle de protection thermique du spectromètre du satellite MicroCrab en cours d'assemblage le 20/04/2022 dans les locaux d'Airbus DS, à Toulouse. Crédits : CNES/Airbus DS/LANCELOT Frédéric, 2022.

Le 20/04/2022, dans les locaux d’Airbus DS à Toulouse, le détecteur du spectromètre a été positionné sur son radiateur cryogénique. L’ensemble a ensuite été installé devant le télescope. Au préalable, les performances de tous ces éléments avaient été vérifiées avec minutie. Les précisions d’assemblage sont de l’ordre de quelques dizaines de microns. Un travail d’orfèvre. L'instrument de MicroCarb subira au mois de juin des essais d’environnement, avec l'étape majeure de la caractérisation de ses performances en vide thermique (une simulation des conditions terribles de l’espace mais sur Terre). Des stimulations par lasers, lampes, cellules à gaz et même visée du soleil à travers l’atmosphère terrestre sont prévues pour vérifier sa précision de mesure du CO2.

Dans l’espace fin 2023, début 2024

Le principe du satellite est simple : en traversant l'atmosphère, les rayons du Soleil sont en partie réfléchis par la Terre. Sur ce trajet « retour », une partie du rayonnement est absorbée par le gaz carbonique (CO2). Le reste des rayons sera ainsi perçu par le spectromètre de Microcarb à 650 km au-dessus de nos têtes et permettra d’évaluer si la quantité de CO2 évolue dans le temps. Elémentaire mon cher Watson !

Le satellite MicroCarb devrait rejoindre l'espace fin 2023, début 2024. Crédits : CNES/ill./SATTLER Oliver, 2021.

Quels sont les principaux puits de carbone de notre planète : les océans ou les forêts tropicales ? Combien de tonnes de dioxyde de carbone sont émises par les villes, la végétation et les océans ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, on ne connaît pas aujourd'hui les quantités de CO2 absorbées ou émises dans certaines régions par manque de stations de mesures terrestres. Dans le cadre de l'accord de Paris, MicroCarb permettra enfin de mesurer concrètement les émissions de gaz carbonique de chaque pays du globe. L'instrument sera livré à l’automne à Thales Alenia Space UK (Harwell-Oxfordshire) pour son installation sur la plateforme Myriade, le cœur vital du satellite (inventé par le CNES). MicroCarb rejoindra l’espace fin 2023, début 2024.

Philippe Landiech, chef de projet MicroCarb, au CNES. Crédits : CNES/LECARPENTIER Lydie, 2018.

Vue en éclaté de l'instrument complet du satellite MicroCarb (2016). Crédits : CNES.

Publié dans : 
Pour les cibles : 
A propos de :