26 Août 2021

[Quézako ?] SVOM : le puzzle est terminé

L’instrument MXT du satellite franco-chinois SVOM a fini d’être assemblé au CNES de Toulouse. Il est désormais prêt à subir une batterie de tests, véritables séances de torture pour engins spatiaux.

L’instrument MXT, assemblé, est prêt à être testé. Le cache rouge qui protège l’optique sera enlevé au dernier moment, sur le pas de tir. Crédits : CNES/DE PRADA Thierry, 2021.

Le télescope MXT, l’un des 4 instruments du satellite franco-chinois SVOM qui vise à étudier les sursauts gamma (voir encadré), est achevé. Sa caméra et son radiateur ont été intégrés cet été dans notre salle blanche du CNES de Toulouse. Le voilà donc prêt à partir pour l’espace, puisqu’il s’agit bien là du modèle de vol, le « vrai ». « Chaque élément des instruments, que ce soit MXT ou le télescope français ECLAIRs, a été fabriqué par des industriels et des laboratoires différents, en France et en Europe, explique François Gonzalez, chef de projet SVOM. Ils sont arrivés au CNES en pièces détachées, il nous a donc fallu les assembler. » C’est l’AIT (Assemblage, Intégration et Tests), dans le jargon de l’aérospatial, une phase qui a mobilisé une trentaine de personnes. « Nous avons testé chaque fonctionnalité au fur et à mesure de l’assemblage, précise notre ingénieur. Comme les connexions électriques, ce sont des milliers de petits fils à vérifier... »

séances de torture

Les 2 instruments « montés » vont désormais subir une nouvelle batterie de tests (en septembre pour MXT, octobre pour ECLAIRs), qui validera leur bon fonctionnement, mais surtout leur résistance aux conditions extrêmes qui les attendent au décollage et dans l’espace. Tests de vibrations, de choc, de compatibilité électromagnétique Tests thermiques aussi. Pendant 3 à 4 semaines, 24 h/24, MXT sera soumis à des variations de températures comprises entre -60°C et +50°C. « Une phase critique, qui sera contrôlée en permanence par des spécialistes du CNES. »   

 Nous avons la responsabilité de ces 2 instruments jusqu’au bout de la mission.

Enfin, en décembre 2021, MXT et ECLAIRs seront envoyés en Chine, où ils seront installés sur le satellite SVOM (lancement prévu en février 2023). « Nous serons également présents en Chine lors de cet étape, précise François Gonzalez. Nous avons la responsabilité de ces 2 instruments jusqu’au bout de la mission. »

François Gonzalez, chef de projet SVOM au CNES. Crédits : CNES/E. Grimault.

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 Les instruments français MXT et ECLAIRs (photo) ont été assemblés au CNES de Toulouse. Crédits : CNES/FG.

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Eviter les « coups de chaud »

Pour bien fonctionner, le détecteur optique de MXT, le cœur de l’instrument, doit toujours être entre –60 °C et -70°C, à -65°C précisément pour un fonctionnement optimal. L’instrument sera donc capable de réguler sa température, alors même que le satellite, dans l’espace, subira des variations extrêmes de température entre  -150°C et +150 °C. L’architecture de l’instrument elle-même permet de contrôler la température en son cœur.

Un système a été développé pour limiter les « coups de chaud » : pilotés par un logiciel embarqué, des tubes en aluminium remplis d’un gaz inerte (caloducs) conduisent les calories en trop vers un radiateur, qui les évacue à son tour vers le vide spatiale.

Le saviez-vous ?

Pour réguler sa température, MXT est également recouvert d’une couverture isolante appelée MLI (Multi Layers Insulation). Une couverture blanche, et non pas dorée comme habituellement. Pourquoi ? Car certaines MLI dorées sont interdites d’exportation vers la Chine !

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Course contre la montre

Les 4 instruments de SVOM fonctionneront en synergie pour étudier les sursauts gamma, des phénomènes parmi les plus énergétiques de l’univers mais aléatoires. Ainsi, le télescope ECLAIRs sera la « vigie » : il scrutera une large portion de la voute céleste (champ de vision d’environ 90°) à la recherche de flash lumineux. Lorsqu’un événement sera détecté, l’ordinateur embarqué va l’analyser, s’assurer qu’il s’agit bien d’un sursaut gamma, et déterminer sa position. Tout cela en quelques secondes. Puis il ordonnera au satellite de se tourner vers cette source, alors que les autres instruments entreront en action. « C’est une course contre la montre pour arriver à observer ces phénomènes au plus vite après leur détection », explique François Gonzalez, chef de projet SVOM.