11 Mars 2021

[Quézako?] Des gâteaux « 2 en 1 » bientôt en orbite

Cette subtile et intrigante juxtaposition vient d’une idée de l'astronaute Thomas Pesquet. Elle vise à limiter les déchets dans la Station spatiale internationale. La moitié se mange… À votre avis, le blanc ou le orange ?

Crédits : CNES/DE PRADA Thierry, 2020.

Lors de son 1er séjour dans la Station spatiale internationale (ISS), de novembre 2016 à juin 2017, Thomas Pesquet, avait mené plusieurs expériences scientifiques concoctées par le CNES. A son retour sur Terre, il avait fait remarquer à ses amis et collègues du CADMOS que leurs étuis de transport prenaient de la place dans l'ISS. Une remarque pas si anodine puisqu'ils l'ont pris au mot et ont développé de nouveaux étuis avec des gâteaux cachés dans les parois pour protéger le matériel transporté.

Sur la photo ci-dessus, du pain d’épice — emballé dans un film plastique afin de le protéger — se trouve dans les 2 zones orangées. Le blanc, un bioplastique indigeste, est recyclable à 100 %. Il pourrait, par exemple, alimenter une imprimante 3D après avoir été fondu ou servir de support pour faire pousser des plantes. « Au départ, nous avons testé une protection entièrement consommable, mais cela manquait de rigidité face aux vibrations simulées d’un lancement. Nous l’avons améliorée en introduisant au milieu le composé blanc recyclable » indique Alain Maillet, responsable de cette expérience préparée en vue de la mission Alpha de Thomas Pesquet et appelée « Edible Foam ». 

Limiter les déchets

« Actuellement, les étuis arrivant dans l’ISS sont assemblés avec des mousses fabriquées à partir de dérivés du pétrole. Ces mousses grises sont encombrantes et inutiles à bord de la station. Pour la première fois, nous allons tester des matériaux consommables afin de limiter la quantité de déchets à redescendre ensuite » explique Rémi Canton, chef de projet de la mission Alpha au CADMOS.

Ces mousses pourraient aussi être utilisées lors de futurs voyages vers la Lune ou la planète Mars

Cet été, un étui « rembourré » avec du pain d'épice, de la madeleine et du pain de Gênes va partir vers l'ISS dans un cargo Cygnus, pour y rejoindre Thomas Pesquet dont le décollage est prévu fin avril 2021 depuis la Floride. L'astronaute français vérifiera alors que les mousses comestibles ont bien rempli leur mission de protection du matériel transporté en inspectant contenant et contenu et en répondant à un questionnaire détaillé.

Mais attention, il n’est pas prévu que Thomas savoure ces mets sucrés pendant sa mission ! Le processus pour obtenir l'autorisation étant long et complexe au regard de l’objectif visé (vérifier la bonne tenue de l’ensemble face aux vibrations), les tests gustatifs seront réalisés dans un 2e temps, par de futurs astronautes. Cela vous tente ? Ça tombe bien, l’ESA vient de lancer sa prochaine campagne de recrutement de nouveaux astronautes européens, la 1re depuis 11 ans !

Les partenaires de l'expérience « edible foam »

  • Groupe Jean Hénaff, partenaire principal et coordinateur du projet ASSF (Advanced System for Space Food ) qui s’appuie sur un réseau d’experts en emballage et nutrition
  • Maison Pillon, fourniture de la madeleine et du pain de Gênes
  • Maison Darnis, fourniture du pain d’épice
  • Compositic, fourniture du PHA (bioplastique)
  • Innovons à 360°, expertise sur les emballages et réalisation des emballages des madeleines et du pain de Gênes

Rémi Canton, chef de projet de la mission Alpha au CNES, en train de vérifier un étui de l'expérience « Edible Foam » avec du pain d'épice, de la madeleine et du pain de Gênes dans ses parois, le 09/12/2020. Crédits : CNES/DE PRADA Thierry, 2020.

  

Petits plats du chef Alain Ducasse reçus par Thomas Pesquet lors de son 1er séjour dans l'ISS, dans le cadre de la mission Proxima. À l’avenir, les mousses de transport grises pourraient être remplacées par des parois comestibles. Crédits : CNES/GRIMAULT Emmanuel, 2016.

alpha,  la 2e mission de thomas pesquet

Au printemps 2021, Thomas Pesquet, astronaute français de l’agence spatiale européenne (ESA) retournera à bord de la station spatiale internationale dans le cadre de la mission Alpha. Durant 6 mois, il va :

  • Mettre en place une douzaine de nouvelles expériences conçues par le CADMOS de Toulouse,
  • Poursuivre des expériences héritées de la mission Proxima,
  • Participer à une centaine de tâches scientifiques essentiellement européennes et américaines.
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