13 Novembre 2015

A lire : une perle bleue

A la veille de la COP 21, Jacques Arnould, chargé des questions éthiques au CNES, a voulu apporter au changement climatique la réflexion d’un « homme de l’espace ».

Pour cela, il fallait prendre une certaine distance avec la planète. Cette distance revêt plusieurs formes. Géographique lorsque des astronautes ou des astronomes voient la Terre pour la 1ère fois dans son entité, philosophique et littéraire lorsque l’auteur convie anciens et modernes à nous livrer leur pensée, scientifique lorsqu’il s’agit de rappeler quelques fondamentaux, religieuse et morale pour confronter la peur et le doute à l’inaccessible vérité.

La Terre, une perle dans l’univers

Au plus près de nous, l’histoire de cette distance géographique connaît une étape marquante en 1967, lorsque pour la première fois une image de la Terre entière, en couleur, prise par la mission américaine ATS3, nous montre une perle bleue suspendue au milieu de nulle part. La Terre, ce socle incontestable, nous apparaît dès lors non plus comme centrale, mais comme infime et secondaire au regard de l’univers. L’image provoque alors une  émotion certainement comparable à celle que nous a donnée récemment l’image de Philae, le rover de la mission Rosetta, descendant seul sur la comète, une représentation de la fragilité de ce que nous sommes.

Car la fragilité de la Terre et la responsabilité de l’homme se trouvent au cœur de la réflexion d’Une perle bleue. Si « le monde est en feu », quelle attitude l’homme doit-il adopter pour sauver Gaïa, la Terre nourricière ?

La place de l’homme

Face aux dommages que subit aujourd’hui la planète bleue, - pollutions, mitage des forêts, assèchement des mers, recul des glaciers… - les activités spatiales semblent convoquer tout ce que l’homme a de vertus pour les contrevenir. Non seulement l’observation de la Terre par satellites donne à la science les moyens de relever les défis auxquels elle est confrontée, mais le spatial donne à l’homme un terrain propice à exercer ce qui en fait la noblesse : l’intelligence, le courage, la confiance. Des programmes comme Copernicus, La Charte internationale Espace et catastrophes majeures, placent l’homme au service de la Terre et de l’humanité. « Nous vivons un temps où des nations ont appris à collaborer par-dessus les frontières, voire par-dessus les conflits pour réaliser des missions d’exploration spatiale, mais aussi gérer des orbites, penser la question des débris, mettre en commun des moyens d’observation de la Terre » précise Jacques Arnould.

 Les dinosaures ont disparu parce qu’ils n’avaient pas de programme spatial. 

 Arthur C. Clarke

En ces temps de coopération internationale en faveur du climat, il était bon de pointer l’immensité des ressources de l’homme pour le placer au service d’une science consciente. Ainsi, peut-être éviterons-nous le sort des dinosaures, disparus « parce qu’ils n’avaient pas de programme spatial »...

 


 

En librairie

  • Auteur : Jacques Arnould
  • Préface de Jean-Yves Le Gall, Président du CNES
  • Collection : Actualité
  • Editeur : Les éditions du Cerf
  • Prix éditeur : 18 € TTC
  • Site de l'éditeur

 

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Portrait de Jacques Arnould, chargé de mission Ethique au CNES Crédits : CNES/MARTIN Eric, 2000

JACQUES ARNOULD

Historien des sciences et théologien, Jacques Arnould est chargé des questions éthiques au Centre national d’études spatiales (CNES) depuis 2001. En ce domaine, il a notamment publié La seconde chance d’Icare, Pour une éthique de l’espace (2001), Le rire d’Icare et Le risque et l’aventure spatiale (2013).

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