29 Juin 2017

Les astéroïdes, une mine d’informations sur le Système solaire

Alors que ce 30/06 célèbre la Journée internationale des astéroïdes, l’astrophysicien Francis Rocard nous dit tout sur ces corps célestes qui nous intriguent et parfois nous inquiètent.

Aucun ne présente un risque identifié

En 2013, les habitants de Tcheliabinsk, en Oural, se sont fait une belle frayeur lorsqu’un astéroïde de 16 m a explosé à basse altitude, causant de gros dégâts. Pour impressionnant qu’il soit, cet événement est heureusement peu fréquent. « Chaque année, la masse équivalent d’astéroïdes qui tombe sur Terre se chiffre en tonnes, mais le plus souvent, ce sont des objets de petite taille qui se pulvérisent en entrant dans l’atmosphère sans dommages », précise Francis Rocard, responsable des programmes d’exploration du Système solaire au CNES.

Evidemment, les risques augmentent avec la taille : un objet de 1 km creuserait un cratère d’une dizaine de km, et au-delà de 2 km, ses effets seraient dévastateurs et globaux. Pas d’inquiétude, toutefois, Armageddon n’est pas pour demain ! Sur les quelque 730 000 astéroïdes recensés, parmi lesquels 900 Near Earth Objects (NEO) de plus de 1 km – ceux dont l’orbite croise celle de la Terre – aucun ne présente un risque identifié.

Francis Rocard, CNES

« Si le risque devenait vraiment important, la question serait de savoir de combien de temps on dispose, poursuit Francis Rocard. Plusieurs stratégies ont été étudiées, comme la mission Dart, qui partira peut-être en 2020 pour tester la déviation par impact de Didymoon, la lune de l’astéroïde Didymos. »

Passage d'une météorite dans le ciel de la petite ville de Tcheliabinsk en Russie en 2013. Crédits : CC BY-SA 2.0 via Flickr.

Retour aux origines

Indépendamment de la question du risque, les astéroïdes intéressent les planétologues au plus haut point. Ces objets célestes, de petite taille comparée aux planètes, orbitent pour la plupart dans la ceinture principale, située entre Mars et Jupiter, et également dans la ceinture de Kuiper, au-delà de Neptune. Souvent rocheux, parfois hydratés ou métalliques, leur composition est très variable. « Ils sont très intéressants parce que ce sont les restes de planètes qui ne se sont pas formées, détaille Francis Rocard. Les plus petits ont conservé les signatures chimiques et minéralogiques des matériaux qui ont constitué le Système solaire au moment de sa formation. Cela permet d’étudier l’origine et l’évolution du Système solaire. »

Plusieurs missions en cours ont pour but de rapporter sur Terre des échantillons

Depuis la mission NEAR, à la fin des années 1990, qui a étudié le NEO Eros, une dizaine d’astéroïdes ont été survolés par des sondes, comme Steins et Lutetia, atteints par la mission européenne Rosetta et Cérès et Vesta, orbités par Dawn. « Plusieurs missions en cours ont pour but de rapporter sur Terre des échantillons : le CNES contribue avec l’atterrisseur Mascot à la mission japonaise Hayabusa 2, qui arrivera au voisinage de l’astéroïde Ryugu  en 2018 ; Osiris Rex rapportera en 2023 des échantillons de l’astéroïde Bennu. »
Et après ? En 2017, la Nasa a décidé deux nouvelles missions : Lucy, en 2021, qui étudiera les astéroïdes troyens de Jupiter, et Psyché, qui partira en 2022 pour rendre visite, pour la première fois à un astéroïde métallique. Au-delà de l’exploration scientifique, faut-il y voir un nouveau gisement de ressources minières ? Cela reste hautement spéculatif, mais une mine d’informations sans aucun doute !

Répartition des astéroïdes dans le Système solaire. Crédits : NASA.

L'astéroïde Steins photographié par la sonde Rosetta en 2008. Crédits : ESA ©2008 MPS for OSIRIS Team MPS/UPM/LAM/IAA.