13 Juillet 2016

Astronautes et billard planétaire : l’Âge de Glace explore les Lois de l'Univers

Tous aux abris ! Dans le dernier l’Âge de glace, Scrat dévie un astéroïde en direction de la Terre. Fiction ? Heureusement pour nous, oui ! Mais que nous dit ce film sur l’espace ?

Notre Système solaire, résultat d’un coup de billard planétaire

Non, d’après les derniers résultats scientifiques, ce n’est pas Scrat qui a fait que notre Système solaire est tel qu’il est aujourd’hui. Jupiter, par contre, a beaucoup voyagé dans les millions d’années suivant sa création, jouant le rôle de la boule blanche dans un gigantesque jeu de billard planétaire. « Jupiter, qui s'est formée la première, a migré vers le Soleil, ce qui a perturbé le Système solaire interne. Elle s'est ensuite éloignée à nouveau du Soleil pour prendre sa place actuelle », explique Francis Rocard, responsable des programmes d’exploration du système solaire au CNES.

Cependant, pas de panique pour les prochains millions d’années : les planètes, stabilisées, ne bougeront pas de leur orbite !

Jupiter, première des planètes à s’être formée, a beaucoup voyagé dans le Système solaire.

Dévier un astéroïde ? Pas si facile !

Cette stabilité n’empêche pas des astéroïdes de passer parfois près de la Terre, voire de s’y écraser. « La Terre, aux débuts de son histoire, était fortement bombardée par les astéroïdes et les comètes. Heureusement, ce bombardement s’est désormais quasiment interrompu », souligne Francis Rocard. Mais, régulièrement, des astéroïdes et des comètes s’approchent un peu trop près de la Terre. Les poussières deviennent des étoiles filantes, mais de plus gros peuvent ravager une région ou porter un coup fatal aux dinosaures.

Pour éviter qu’un astéroïde ne percute la Terre, envoyer Bruce Willis le vaporiser avec bombe atomique serait inutile. Une partie des débris resteraient sur la même trajectoire et percuteraient quand même la Terre. Désolé, Armageddon… Mieux vaut appliquer une force pour dévier la trajectoire de l’astéroïde, comme dans l’Âge de Glace. Entre le percuter pour le « pousser » et le repeindre en blanc pour laisser travailler le Soleil, de nombreuses solutions restent à l’étude.

Buck décrit l’arrivée d’un astéroïde sur Terre

Sur Terre aussi, les astéroïdes peuvent causer d’importants dégâts.
Crédits : 20th Century Fox

Cependant, dévier un astéroïde prend du temps. La force que nous pourrions appliquer serait extrêmement faible par rapport à la masse de l’astéroïde et la déviation minime. « C’est un peu comme un moustique qui pousserait un éléphant  », souligne Francis Rocard. Pour que cette poussée soit suffisante, il faudrait donc s’y prendre plusieurs années à l’avance…

Afin de minimiser les risques et détecter le maximum de ces astéroïdes géocroiseurs, plusieurs programmes de détection d’astéroïdes ont été lancés. La plupart utilisent des réseaux de télescopes au sol, mais des satellites comme Gaia peuvent eux aussi détecter des astéroïdes menaçants.


En 2018, le robot franco-allemand Mascot se posera sur un astéroïde.

Scrat, un astronaute (presque) comme les autres

Pendant que Manny et Sid essaient de sauver la Terre, Scrat découvre la vie dans l’espace. Comme les astronautes dans l’ISS, pas question de sortir dans l’espace sans scaphandre, quête de gland ou pas ! Ces scaphandres permettent de respirer, mais aussi d’éviter quelques désagréments, comme l’explosion du corps faute de pression suffisante. « Sans scaphandre, on meurt instantanément » explique François Spiero, responsable des vols habités au CNES. Pour éviter tout risque, les astronautes, pourtant à l’abri d’une capsule Soyouz, gardent d’ailleurs leur scaphandre tout le long de leur voyage entre la Terre et la Station Spatiale Internationale.

Mais ce scaphandre n’est pas suffisant pour survivre dans l’Espace. Car en apesanteur, tout flotte ! À l’extérieur de la Station, outils comme astronautes sont donc reliés à un filin. Une leçon bien apprise par Scrat, qui a probablement regardé Gravity avant le décollage…

À cause de cette apesanteur, les toilettes des vaisseaux spatiaux sont évidemment très différentes de la cuvette standard utilisée même dans la soucoupe volante du film. Et, si les excréments sont partiellement recyclés, une partie doit bien être évacuée. Mais pas question de jeter ces déchets par-dessus bord : ils pourraient, après quelques tours de Terre, finir par percuter et endommager la station ! L’évacuation se fait donc en bon ordre, à bord d’une capsule (Proton, Cygnus ou auparavant l’ATV), qui brûlera en rentrant dans l‘atmosphère. 

Dans l’espace, scaphandre et filin sont indispensables pour tous les êtres vivants !
Credits : 20th Century Fox

Oui, Mars était plus accueillante dans le passé

Le voyage de Scrat se finit sur Mars. Mars ? Avec cette atmosphère dense, ces rivières, ces océans ? Eh oui ! La désormais planète rouge était bien plus accueillante par le passé. « Encore aujourd’hui, on distingue des traces d’écoulement, des lits de rivière, des rivages » commente Michel Viso, exobiologiste au CNES.

Mais, si Mars elle aussi a connu bien des bombardements d’astéroïdes, ce ne sont probablement pas leurs impacts qui l’ont transformée en astre quasi-mort. Petite planète, Mars a rapidement perdu son champ magnétique, ce qui l’a empêché de retenir son atmosphère qui s’est petit à petit échappée dans l’espace… Aujourd’hui, les robots envoyés sur Mars aident les scientifiques à déterminer à quel point Mars a été habitable dans le passé et si une sorte de vie y est effectivement apparue.

De l’eau, une atmosphère dense : Mars, jeune, était bien différente

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