19 Juin 2017

[Comprendre] Des milliers de satellites interconnectés : le défi de demain

Ils pèseront moins de 150 kg et auront une taille équivalente à celle d’une grosse machine à laver. En constellation entre 700 et 1200 km d’altitude, les nouveaux petits satellites veulent détrôner les gros monolithes placés actuellement à 36 000 km de la Terre.

Une nouvelle économie

Pour gagner en rapidité, en flexibilité et en résolution, les satellites doivent se rapprocher de la Terre. Placés en constellations, ils assureront une couverture complète de la planète, un accès à Internet accéléré et une information continue. Leur production en série fera baisser les coûts et les délais de fabrication. Une toute autre économie se dessine. Aujourd’hui, l’extraordinaire dynamique des GAFA* les amène à s’associer de près ou de loin à d’ambitieux projets. 

La constellation OneWeb, par exemple, prévoit une constellation de 672 satellites. Les 1ers devraient être lancés en 2018 pour un déploiement complet en 2020. De con côté, Space X travaille sur une constellation de 4 425 satellites à court terme, puis une autre d’environ 7000 satellites. Boeing aurait en projet une constellation de plusieurs milliers de satellites pour diffuser la 5G et le sud-coréen Samsung pointe le bout de son nez.

* Google, Apple, Facebook, Amazon.

La constellation OneWeb prévoit une constellation de 672 satellites en orbite basse, du jamais vu. Crédits : Airbus DS.

Préparer les industriels

Le CNES est un observateur actif de cette révolution et s’attelle à plusieurs questions cruciales : préparer les industriels à cette nouvelle économie, éviter les risques de collision en orbite et prévoir « le nettoyage après usage ». Mais comment le CNES peut-il aider les industriels à se mettre en ordre de marche face à ce nouveau défi économique ?

... Nous sommes confrontés à des enjeux de miniaturisation, de robustesse face aux risques de collision, de production en série...

Philippe Marchal, directeur adjoint à la direction des systèmes orbitaux, cnes

« Nous les aidons à se positionner, à financer des développements d’équipement qui peuvent amener une valeur compétitive. Nous sommes confrontés à des enjeux de miniaturisation, de robustesse face aux risques de collision, de production en série. Pour y répondre, le CNES aide les industriels comme Airbus ou Thales à monter des dossiers qui les rendront éligibles au PIA (Plan d’investissements d’avenir) »

Antenne de réception satellite OneWeb sur un toit. Crédits : OneWeb.

Faire évoluer la législation

En multipliant les satellites, on multiplie également le risque de collisions. Quelles mesures la LOS (Loi sur les Opérations Spatiales) doit-elle mettre en place pour limiter ces risques ? Comment prévoir impérativement la désagrégation de ces petits satellites lors de leur rentrée dans l’atmosphère terrestre ? C’est sur ces questions que le CNES renforce sa vigilance et participe avec les fabricants de satellites aux travaux anticipant ces questions nouvelles mais incontournables.

... Que se passerait-il en cas de faillite d’un opérateur ?...

« Le CNES mène une réflexion capitale sur toutes ces questions. Pour être désorbités, les petits satellites doivent rester opérationnels, donc ne pas subir eux-mêmes de collision et dépendre jusqu’en fin de vie d’un opérateur responsable. Que se passerait-il en cas de faillite d’un opérateur ? Tous ces cas sont à envisager pour élaborer une règlementation et un cadre juridique efficaces » précise Philippe Marchal qui relève : « Et il faut que le marché soit au rendez-vous ! »

Satellite de la constellation OneWeb de la taille d'une machine à laver pour 150 kg. Crédits : OneWeb.