8 Décembre 2016

Climat, météo… Une question de temps !

Ce jeudi 8 décembre, c’est la journée mondiale du climat. Coup de projecteur sur IASI, un instrument initialement dédié à la météo qui, grâce à ses 10 ans en orbite, s’ouvre à l’étude du climat.
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L’évolution du climat de notre planète dépend de tout un ensemble de paramètres atmosphériques et océaniques que les satellites suivent depuis leurs orbites situées entre 600 et 36 000 km d'altitude. Crédits : EUMETSAT 2015.

Climat, météo : quelle différence ?

La météo, c’est le temps qu’il fera demain près de chez vous. Le climat, c’est ce temps moyenné sur plusieurs dizaines d’années et sur une zone géographique bien plus large : une région, un continent… Pour passer de la météo au climat, il ''suffit'' donc de rassembler l’ensemble des relevés journaliers de température, pluviométrie, nébulosité... Et de réaliser des moyennes pluri-annuelles sur des zones plus larges. C’est ce que font des chercheurs avec les données de l’instrument IASI embarqué depuis 10 ans sur le satellite Metop-A.

IASI, une longevité qui compte

Au départ, l’instrument IASI était essentiellement dédié à la mesure de paramètres atmosphériques essentiels aux prévisions météorologiques : températures, humidité,... Ces mesures représentent aujourd'hui la moitié des données assimilées en temps quasi-réel par Météo-France dans son modèle numérique planétaire ARPEGE. Mais vu que IASI accumule des observations (plus d'un million par jour !) depuis son lancement le 19 octobre 2006, il est désormais possible de faire des moyennes sur une décennie. "10 ans, c’est encore trop court pour voir, par exemple, un climat de type méditerranéen remonter plus au nord de la France. Ce que l’on voit surtout, c’est l'évolution de variables qui influencent le climat telle l’augmentation des concentrations en CO2 et en CH4. IASI permet en effet d’accéder à la composition de l’atmosphère : aérosols de poussières, ozone, gaz à effet de serre..." indique Cyril Crevoisier, chercheur au Laboratoire de météorologie dynamique

L’instrument IASI, en orbite à 820 km d'altitude, ausculte 2 fois par jour les 100 premiers km de l'atmosphère de notre planète avec une résolution verticale d'1 km. Crédits : ESA - AOES Medialab. 

Les concentrations en gaz à effet de serre tels que le CO2 sont déduites des observations effectuées par IASI et servent à évaluer des modèles climatiques du GIEC. Crédits : Thinkstock.

Fonctionnement de IASI expliqué en vidéo. Crédits : UPMC.

IASI, ce n’est pas fini !

Actuellement, 2 instruments IASI sont en orbite autour de la Tere : l’un sur Metop-A, l’autre sur Metop-B lancé en 2012. En 2018, ils seront rejoints par un 3e exemplaire qui équipera le satellite Metop-C, ce qui assurera la continuité de la mission jusqu’en 2025. "Cette continuité est essentielle mais elle n'est pas suffisante. Il est également primordial de s’appuyer sur des observations performantes qui ne dévient pas dans le temps afin de ne pas introduire de faux signaux dans les observations. A cet égard, IASI est un instrument remarquable car il présente une stabilité instrumentale exceptionnelle depuis son lancement comme le montre le suivi de ses performances réalisé au CNES et dans les laboratoires. IASI est ainsi devenu la référence internationale pour les observations réalisées dans l’infrarouge dans le cadre du programme GSICS" souligne le climatologue.

En coopération avec EUMETSAT, le CNES prépare déjà la suite avec IASI-NG. Cet instrument de nouvelle génération sera l’un des instruments clé des 3 futurs satellites météorologiques européens de la série Metop-SG-A dont les lancements sont prévus en 2021, 2028 et 2035. De quoi faire des moyennes sur des décennies et suivre l'évolution du climat de notre planète.